Cabanes de douaniers

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Tous les ans, les collections du MND s'enrichissent grâce à des dons, des achats ou des versements administratifs. Nous vous présentons ici trois tableaux mis à l'honneur.

Le MND met à l'honneur trois tableaux ayant récemment rejoint ses collections. Exposés depuis peu dans l’allée centrale, ils inaugurent la nouvelle cimaise. Abordant la même thématique, ces œuvres picturales du XXe siècle de style différent, représentent des "bâtiments" utilisés par les douaniers, habituellement situés sur le littoral maritime ou à l'entrée des ports. Ces cabanes, abris ou postes de douanes sont en effet construits dès le début du XIXe siècle dans un contexte de renforcement du contrôle maritime pour être délaissés au siècle suivant lorsque la surveillance du littoral n'est plus indispensable. Ces œuvres sont à découvrir dès à présent.

« La douane du haut Menton » d'Ernest-Louis Lessieux (1848-1925)

 

Cette aquarelle date du premier quart du XXe siècle et a été déposée par l’AHAD en 2016.
Lessieux étudie à Nantes puis à Paris dans les années 1860. Après la guerre de 1870, il s’établit à Rochefort-sur-Mer, enseigne le dessin au lycée et devient conservateur de musée. En 1884-1886, il fait un séjour à Menton pour raison de santé et découvre la lumière du Midi. Il s’y installe définitivement en 1897.
On retrouve dans cette œuvre toutes les caractéristiques du peintre : la composition structurée par de grandes lignes, dirigeant ici le regard vers le bâtiment par un effet de contre-plongée ; une large utilisation des réserves blanches pour éviter que les couleurs ne se fondent les unes avec les autres ; un traitement nerveux mais maîtrisé de la végétation ; une lumière intense éclairant le paysage représenté.

« Le douanier au port d'Honfleur », Léon Gambier (1917-2007)

 

Cette huile sur toile réalisée en 1920 a été acquise par le musée lors d’une vente aux enchères en 2014.
Gambier est originaire de Dieppe et étudie l’art à Rouen puis Paris. Professeur de dessin dans la capitale, il affectionne cependant les représentations de sa Normandie natale, notamment les navires, et soutient les artistes locaux. Son investissement dans la vie artistique est important : président des peintres et sculpteurs dieppois, membre du Comité du salon de La Nationale et l’un des fondateurs de l’Atelier de la Ville d’Avray. En 1959, il est nommé peintre officiel de la Marine. Il peint tout au long de sa vie.
Le tableau exposé est connu dans une autre version, sans personnage. Dans cette version, l’artiste travaille sur la juxtaposition des lignes. Les formes simplifiées et les grands aplats de couleurs, rarement vives chez Gambier, sont largement influencés par le synthétisme de l’école bretonne et des peintres de Pont-Aven, dans la lignée de Paul Gauguin.

« La cabane du douanier, Morbihan », Jean Frélaut (1879-1954)

 

Il s'agit d'une huile sur toile réalisée en 1920. Elle a été mise en dépôt par l'AHAD en 2011.
Issu d’une famille bretonne, il étudie l’art à Paris et travaille plus particulièrement la gravure et la peinture. Déçu par l’enseignement académique, il se rapproche des artistes indépendants et voyage en Europe pour compléter sa formation. À son retour après la Première Guerre mondiale, il s’installe dans le Morbihan : ses gravures et ses peintures sont très appréciées, y compris hors de France. En 1937, il devient conservateur du musée d’histoire et d’archéologie de Vannes.
Frélaut peint le Morbihan de son époque, loin des sujets pittoresques habituellement traités par les artistes de l’école bretonne. Inspiré par les primitifs italiens, il travaille la couleur et simplifie les lignes, s’inscrivant ainsi dans le mouvement synthétiste. Cette toile, où la perspective et les volumes sont délaissés, est une illustration exemplaire du style de Frélaut.
 

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