Les bataillons douaniers

Dès 1791, les douaniers sont utilisés ponctuellement comme force d’appoint par l’État. Durant les conquêtes napoléoniennes, ils sont assimilés à des unités militaires avançant pour prendre possession de nouvelles lignes. À la Restauration, les douaniers ne sont sollicités qu’en cas d’invasion ennemie. En 1831-1832, une nouvelle législation crée les Brigades armées des douanes et calque son organisation sur celle de l’infanterie légère. Les échelons et grades administratifs ont leur équivalent dans la hiérarchie militaire. Les douaniers sont organisés en bataillons avec des compagnies de guides et des bataillons de réserve.

En 1870, les bataillons douaniers sont mobilisés lors de la guerre contre la Prusse.

Le 1er août 1914 la mobilisation générale appelle le Corps militaire des douanes qui comprend alors 65 bataillons. Plus de 3.000 douaniers meurent ou sont blessés pendant le conflit, soit près de 15% de l’effectif global de cette administration. De nombreux agents sont décorés et les bataillons douaniers participent au défilé des troupes alliées le 14 juillet 1919 à Paris. (Voir l'exposition virtuelle consacrée aux Douaniers dans la Grande Guerre).

Les vingt-six bataillons des douanes, soit 12.000 hommes, sont à nouveau mobilisés en septembre 1939. Durant la "drôle de guerre", les douaniers continuent de remplir leurs missions traditionnelles tout en assurant leur mission militaire de couverture de l’armée aux frontières. Les bataillons douaniers sont définitivement dissous par décret du 27 juin 1940.

En 1967, les unités des douanes disparaissent de l’ordre de bataille de l’Armée Française même si on leur reconnaît la qualité de combattants en 1974. Après 1970, les références militaires disparaissent en douane.

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Le drapeau

Bien qu'administration civile, la douane est titulaire d'un drapeau militaire depuis 1880. Pour consolider la mise en place de la République, le régime adopte cette année-là la date du 14 juillet comme jour de fête nationale, et la Marseillaise comme hymne national. A l’occasion de cette première célébration, un immense défilé militaire est organisé sur l’hippodrome de Longchamp devant plus de 300.000 personnes.

Le mois précédent, le ministre des Finances et le directeur général des Douanes ont saisi le ministre de la Guerre d'une demande visant à y faire participer les bataillons douaniers, soulignant que les trente-deux bataillons douaniers sont "disciplinés et instruits militairement, armés et approvisionnés comme les autres corps, habitués aux fatigues comme aux dangers par un service qui les tient constamment en campagne".

Le 14 juillet 1880, le président de la République Jules Grévy remet donc au Corps des bataillons des douanes son drapeau, affirmant par là même leur valeur militaire et atteste de leur tradition d’abnégation et de courage dans l’exercice de leurs fonctions. La garde de cet unique drapeau sera assurée à tour de rôle par chacun des bataillons actifs.

Le 15 janvier 1921, à Strasbourg, le général Humbert, gouverneur de la ville, épingle la Croix de Guerre avec palme au drapeau pour marquer le rôle des douaniers de la compagnie de forteresse de Longwy.

Le drapeau est aujourd'hui conservé à l'Ecole Nationale des Douanes de La Rochelle. Un ancien exemplaire de ce drapeau est exposé dans les collections permanentes du musée.

Le défilé du 14 Juillet

L'origine de la participation de la douane au défilé du 14 juillet vient de la remise du drapeau aux bataillons douaniers. En 1908, une décision retire le caractère obligatoire du défilé qui ne sera réalisé qu'en fonction des disponibilités des services. L'usage s'est donc perpétué de façon diverse selon les directions des douanes. Si le défilé de Paris est organisé au niveau ministériel, ceux de province sont réglés par les préfets.

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La musique des douanes

Dès la Révolution, les brigades utilisent des tambours pour battre le rappel et pour scander la marche d'unités en déplacement. A la même époque, certaines ont recours à des trompettes de cavalerie ou à des cornets d'infanterie, qui font place au clairon sous la Monarchie de Juillet.

Le développement du casernement des douaniers, et l'organisation très militarisée qui y règne, contribue à renforcer cette caractéristique. Les journées et les services sont effet rythmés par les instruments.

A partir de 1832, on voit se créer, là où le personnel est suffisamment nombreux, des cliques (fanfares) et même des musiques de type militaire notamment au Havre et à Marseille. La dernière fanfare des douanes a disparu dans les années 1980.

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