Histoire de la douane

Cette section composée de neuf clichés présente des moments clés de l’histoire de l'administration douanière s’inscrivant dans les cérémonies et événements majeurs de l’histoire nationale et internationale du 20e siècle. Ainsi, le passé militaire des douaniers, à travers leur participation aux conflits armés d’une part, et la construction européenne qui a bouleversé cette administration d’autre part, sont-ils évoqués, conférant à ces clichés la valeur d’authentiques témoignages historiques.

Anonyme, Brigade de Buissoncourt, 14 juillet 1903

« La fête nationale est célébrée avec éclat et les douaniers participent aux cérémonies organisées par les autorités locales. Ici, les agents ont édifié un arc-de-triomphe. A noter la tenue du personnel ; le sous-lieutenant (assis à droite) porte le dolman à brandebourgs (modèle 1886) ; les sous-officiers et préposés, coiffés du képi rigide à pompon (modèle 1893), ont revêtu la grande tenue (modèle 1875) qui comporte une tunique à double rang de boutons ; ils sont équipés du sabre baïonnette.» CLINQUART (Jean), L’administration des douanes en France sous la Troisième République, Première partie (1871-1914), AHAD, 1986.

Aimé POMMIER, Discours de M. Robert Schuman à Paris, 9 mai 1950

Le 9 mai 1950, dans le grand salon de l’Horloge du Quai d’Orsay, M. Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français rend publique devant les représentants de la presse mondiale une déclaration de son gouvernement, à la préparation de laquelle M. Jean Monnet a pris une part décisive» (légende dactylographiée accompagnant le cliché : source inconnue).

Anonyme, Remise de la croix de guerre avec palme au drapeau des bataillons de douaniers, 15 janvier 1921

Le samedi 15 janvier 1921, à Strasbourg, place de Broglie, le Général Humbert, gouverneur de la ville, épingle la croix de guerre avec palme au drapeau des bataillons de douaniers, pour marquer la part glorieuse du personnel militaire des douanes à la défense du territoire. Cette décoration, créée par la loi du 2 avril 1915, est attribuée suite à la citation de la garnison de Longwy (en Meurthe-et-Moselle) à l'ordre de l'Armée.

Anonyme, Présentation du 8e Bataillon de douaniers, par le commandant Matrod, 1er avril 1940

Le 27 juin 1940, tous les bataillons douaniers sont dissous. Né au hasard des événements avant d’être doté de statuts successifs dont aucun n’a évité une certaine ambiguïté, le corps militaire des douanes ne fut jamais reconstitué à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. François Matrod (1891-1980) est chef de bataillon en 1939 et 1940. Blessé et cité, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur par un arrêté présidentiel en 1940. Il commence sa carrière en 1919 comme contrôleur-adjoint à Petit-Croix, puis comme vérificateur principal à Strasbourg (1925), inspecteur principal à Bellegarde (1933), directeur à Valenciennes (1940) et receveur principal à Strasbourg (1948). Il est enfin nommé directeur honoraire en 1960. Il présente ici le 8e bataillon à la caserne du Finkwiller de Strasbourg, actuelle école Saint Thomas.

Anonyme, 8e Bataillon de douaniers, commandé par le commandant Matrod, mars 1940

L’existence d’un Corps Militaire des Douanes formé de bataillons remonte aux guerres napoléoniennes et est officialisé par les ordonnances royales de 1831 et 1832. Les bataillons des douanes dépendent alors du département des Finances en temps de paix, mais peuvent être mis à la disposition du Ministère de la Guerre en cas de guerre défensive et si les circonstances l’exigent. De 1830 à 1940, le corps des douanes devient donc militaire par trois fois lors des conflits qui ont touché le territoire national : en 1870, pendant la Première Guerre mondiale et en 1939-1940. Le 8e bataillon douanier dépend en 1939 de la Direction de Strasbourg, et se compose de six compagnies. Il est stationné dans la 20e région. Cette photographie a été prise devant le Palais du Rhin, place de la République à Strasbourg.

Anonyme, Présentation du 8e Bataillon de douaniers, par le commandant Matrod, 1er avril 1940

En janvier 1940, les ordres sont donnés pour qu’une partie des 6e et 7e bataillons, le 8e bataillon et une partie du 9e soient transférés sur les frontières franco-belge, franco-suisse et franco-italienne. Cette décision convint à la Direction Générale des Douanes qui souhaitait que cette mission de maintien de l'ordre prenne fin aussi vite que possible, cela étant contraire avec la lettre et l’esprit du statut militaire. Elle estimait en effet qu'il était illogique de mobiliser des douaniers pour remplir les missions des gendarmes, alors que des gendarmes effectuaient des tâches douanières en d'autres lieux. Le 8e bataillon quitta donc Strasbourg, en emportant les remerciements et les regrets du maire de cette ville et des autorités militaires. A la fin du mois d’avril, tous les transferts prescrits n'étaient pourtant pas achevés.

Anonyme, Présentation du 8e Bataillon de douaniers, par le commandant Matrod, 1er avril 1940

A partir de la réforme de 1923, la mission des bataillons douaniers consiste à assurer la garde de la frontière. Durant les mois précédant l’offensive allemande de mai 1940, la frontière franco-allemande étant tout entière garnie de troupes et les relations entre les deux pays totalement interrompues le long de ce front, la surveillance douanière n’avait plus lieu de s’y exercer. Il n’était donc plus nécessaire de disposer d’un effectif d'importance, si bien que pendant l'hiver 1939-40, quatre bataillons douaniers affectés à cette zone se virent confier la garde des localités dont la population avait été évacuée préventivement. La ville de Strasbourg se trouvant dans ce cas, le 8e bataillon de douaniers prit en charge la surveillance de la capitale de l’Alsace vidée de ses habitants.

Aimé POMMIER, Les 1er et 2 décembre 1969, sommet européen de La Haye : ouverture de la communauté aux Anglais, 1969

Aimé Pommier est le fondateur de la section cinéma de la Direction Générale des douanes et droits indirects, qu’il crée en 1947. Son activité de cinéaste et de photographe officiel de la douane s’est achevée en 1972. Il photographie à la fois des faits marquants de l’administration douanière et des faits historiques majeurs, comme ici à La Haye en 1969. Cette conférence marque en effet une étape fondamentale dans la construction européenne puisqu’elle décide de transformer progressivement la Communauté en union économique et monétaire et ouvre les négociations sur l’élargissement de celle-ci.

Anonyme, Le nouveau drapeau européen, 1986

« Le Conseil de l’Europe, créé en 1949, et qui regroupe maintenant, en plus des douze pays de la Communauté européenne, la Norvège, la Suède, la Turquie, l’Islande, l’Autriche, Chypre, la Suisse, Malte et le Liechtenstein, s’est donné, en 1955, un drapeau d’azur à douze étoiles d’or, disposées en cercle, comme symbole de perfection et de plénitude. (Nombre d’étoiles invariable). En 1986, la Communauté européenne a adopté le même drapeau, qui devient donc le drapeau officiel de l’Europe des Douze. » (légende dactylographiée accompagnant le cliché : source inconnue).