Du 17e au 18e siècle

Histoire du papier et de l’imprimerie à travers les placards

Du parchemin au papier

A l’origine, les affiches sont écrites sur du parchemin. Fabriqué avec des peaux, ce support est rare et cher. Le papier, inventé en Chine vers la fin du 3e siècle avant J.-C., n’arrive en Occident qu’au 8e siècle. Il est produit à base de fibres végétales (lin, chanvre,...).

A partir du 12e siècle, on fabrique du papier avec les déchets de l’industrie textile. La pâte de chiffons sèche sur des grilles qui laissent apparaître de fines lignes horizontales, les vergeures, donnant son nom au papier vergé.

Au milieu du 19e siècle, d’autres matières premières apparaissent grâce à l’isolation de la cellulose par le chimiste français Anselme Payen. Le papier peut être confectionné à partir de fibres de jute ou de paille, mais c’est le bois qui domine rapidement. Malgré les progrès techniques, on continue encore à imiter les vergeures, comme le montrent la majorité des placards modernes exposés.

L’imprimerie

L’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1440 permet d’abandonner la copie manuscrite et de reproduire mécaniquement les documents. Au 16e siècle, on utilise régulièrement la gravure pour insérer des illustrations. L’encollage, qui permet de fixer l’encre, se fait en baignant les feuilles dans de la gélatine.

En 1798, Louis Nicolas Robert invente une machine qui produit des bandes de papier de 12 à 15 mètres de long, découpées par la suite en feuilles. À la fin du 18e siècle, le papier vélin, du nom d’un type de parchemin très mince, remplace le vergé. Il ne présente aucun grain grâce à un séchage sur une grille très fine.A partir des années 1820, l’encollage s’améliore avec l’apparition de la colophane, obtenue par distillation de térébenthine. En 1868, Hippolyte Marinoni invente la première presse rotative, ancêtre de l’offset, qui utilise du papier désormais produit en rouleaux.

La photogravure est le dernier procédé majeur de l’imprimerie avant l’essor de l’informatique.

De Par le Roy. Henry, par la Grâce de Dieu, Roy de France & de Navarre. […]

Cet avis du roi du 28 novembre 1603 autorise un Fermier général à armer ses agents pour la célébration, levée et cueillette des droits dont il a la charge.

La vignette présente les armoiries d’Henri IV (armoiries de France à gauche et de Navarre à droite) surmontées de deux couronnes et placées au-dessus de rameaux d’oliviers qui ornent le chiffre H du roi, lui-même surmonté d’une couronne. Ces éléments sont bordés par les colliers de deux ordres de chevaleries de la Monarchie : celui de Saint-Michel (orné de coquilles) et celui du Saint-Esprit (avec la croix de Malte en pendentif). L’ensemble est encadré d’un bandeau composé de fleurs de lys et de chiffres royaux alternés (initiales H et MH), le tout est surmonté d’une couronne.

Déclaration du Roy

Déclaration du Roy, portant Extinction & Suppression de quatre sols pour livre sur tous les Droits des Fermes générales & particulières, établis par les Déclarations des 3 Mars 1705 & 7 May 1715. Donnée à Paris le 13 février 1717. Registrée en la Cour des Aydes.

La vignette est composée d’une sphère ornée de fleurs de lys et d’une couronne symbolisant le pouvoir royal. Elle est bordée du collier de l’ordre de Saint-Michel (orné de coquilles), lui-même encadré du collier de l’ordre du Saint-Esprit (pendentif en forme de croix de Malte), deux des plus importants ordres de chevalerie de la Monarchie.

Ordonnance du Roy

Ordonnance du Roy pour défendre aux Troupes de sa Majesté qui entreront dans le Royaume, ou qui auront ordre de passer d’une Province dans une autre, de se charger d'aucunes Marchandises, faux sel, ni faux Tabac, sur les peines y contenues. Du premier Octobre 1747.

La vignette est composée d’un médaillon fleurdelisé surmonté d’une couronne symbolisant le pouvoir du roi. Il est encadré d’éléments évoquant les forces militaires auxquelles s’adresse l’ordonnance du roi : rameaux de laurier (vertus militaires), palmes (symboles de victoire), drapeaux, étendards, cors…
Cette évocation se retrouve également dans la lettrine où le S est placé sur un trophée militaire.

Extrait des Registres des délibérations du Bureau de Police du Vin de la Ville de Marseille, Assemblé le 29 Juillet 1758.

Ce document précise les modalités du contrôle du vin et liste par quartier les commissaires affectés à ce contrôle.

La vignette de gauche présente un blason avec trois fleurs de lys, surmonté d’une couronne et placé sur un socle orné. Celle de droite est composée d’un blason aux armoiries de la ville de Marseille, surmonté d’une coquille. La présence de ces deux vignettes permet d’allier la symbolisation du pouvoir royal et du pouvoir local.

Arrest du Conseil d'Etat du Roi

Arrest du Conseil d’Etat du Roi. Qui défend l’entrée dans le Royaume, des Soies blanches, dites Nankin, autres que celles qui seront apportées par les Vaisseaux de la Compagnie des Indes. Du premier août 1768. Extrait des registres du Conseil d’Etat.

La vignette est composée d’un blason orné de trois fleurs de lys, surmonté d’une couronne, représentant le pouvoir royal. Les cornes d’abondance symbolisent la prospérité. « L'Oeil de la Providence », entouré de rayons lumineux, représente généralement Dieu surveillant l'Humanité.

Lettres patentes du Roi

Lettres patentes du Roi sur le Décret de l’Assemblée Nationale, du 11 du présent mois, qui autorise la ville Dax, ainsi que toutes les autres villes du Royaume, à continuer de percevoir les droits d’Octrois. Données à Paris, le 20 avril 1790. Transcrites sur les Registres du Parlement.

La vignette est composée d’une sphère avec trois fleurs de lys, surmontée d’une couronne, représentant le pouvoir universel du roi. Elle est encadrée de palmes, symboles de victoire et d’union.

Loi relative aux Droits à percevoir sur les Marchandises provenant du Commerce Français au-delà du Cap de Bonne-Espérance. Donnée à Paris le 12 décembre 1790.

La vignette est un modèle gravé signé (« Godard ») repris par de nombreuses administrations après la Révolution française. Elle présente un blason fleurdelisé surmonté d’une couronne et orné d’un pendentif de l’ordre du Saint-Esprit (croix de Malte). Les vertus civiles sont représentées par un rameau de chêne et les vertus militaires par un rameau de laurier. Le tout est dressé sur un trophée militaire rassemblant drapeaux et armes (canons, fusils, épées, munitions…).

Au centre du placard, la vignette-bandeau est composée de rinceaux et de fleurons végétaux. Un cartouche contient la devise « La Loi et le Roi » marquant le passage à la Monarchie constitutionnelle après la Révolution française.

Loi relative à la vente des Bâtimens, Barrières & Terrains qui forment l’enceinte de la Capitale. Donnée à Paris le 30 mars 1791.

Ce décret annonce l’abandon des travaux de l’enceinte de Paris, intiés en 1785, et prévoit la vente des bâtiments existants.

La vignette est composée d’un médaillon rond fleurdelisé surmonté d’une couronne, représentant le pouvoir royal, encadré de palmes et de rameaux d’olivier, symboles de victoire, de paix et d’union. L’ensemble est placé au-dessus d’un décor de drapés stylisés avec des sacs de pièces évoquant la prospérité et un médaillon au chiffre royal de Louis XVI (double L couronné).

Décret de la Convention Nationale, Du 30 décembre 1792, l’an premier de la République Française.

Qui attribue aux Receveurs des Douanes nationales les perceptions attribuées par la Loi du 18 août 1791, à des Receveurs particuliers nommés par les Tribunaux de commerce.

La vignette est un médaillon contenant la devise « La Nation, Liberté, Égalité » et un bonnet phrygien présenté sur une pique. Ces éléments issus de la Révolution française symbolisent ici la République naissante.

Proclamation du Directoire Exécutif

Contenant désignation des trois Départemens où sont établis les poinçons pour la garantie des matières et ouvrages d’or et d’argent. Du 13 brumaire, an VII de la République française.

La vignette centrale est composée de deux symboles antiques : un faisceau de licteur, emblème de l’autorité des magistrats de la République romaine, surmonté d’un bonnet phrygien, évoquant la liberté. Ces deux éléments ont été repris à la Révolution française pour représenter l’union et la force des citoyens.

Jugement du tribunal de la justice

Jugement du tribunal de la justice correctionnelle de l’arrondissement de Bordeaux, Qui déclare que les marchandises saisies par le procès-verbal fait par les employés de la Douane, le 21 Germinal dernier, sont des marchandises anglaises ; confisque lesdites marchandises, conformément à la loi du 10 Brumaire, an V. Du 6 Floréal, an sixième de la République Française, une et indivisible.

Cet avis de jugement de 1798 conclut une affaire où des agents des douanes ont saisi trois caisses contenant 43 pièces de textile importées en contravention de la loi du 10 Brumaire an V, c’est-à-dire dépourvues des marques de fabrique prescrites et donc réputées anglaises.