4-Aux frontières

Penthière de Longwy-Haut

Carte de penthière. Début 20e siècle. Coll° MND

Sur cette carte douanière figure la forteresse de Longwy (Lorraine) avant la guerre. Construite par Vauban en 1679 afin de fermer le débouché des Ardennes entre la Meuse et la Moselle, elle est assiégée et bombardée en août 1914. Malgré une résistance héroïque, la ville succombe sous l’effet d’un lourd bombardement qui fait 800 morts, dont 8 parmi la Compagnie des douaniers. La ville est occupé par les Allemands durant toute la guerre. Pendant ces quatre ans, les réquisitions se multiplient dans la ville, les mines et les entreprises sidérurgiques. En 1918, les usines sont finalement démontées pour utiliser l’acier. Les restes des fortifications ont été inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2008 avec d’autres sites réalisés par Vauban.

Un poste de douaniers dans un chemin creux à 500 mètres des Boches

Carte postale ancienne. Imprimerie Berger-Levrault. 1915-1916. Coll° MND

On voit sur ce cliché que les douaniers qui ne participent pas aux combats continuent à surveiller étroitement les frontières. Ils appliquent notamment les nouvelles législations qui soutiennent l’effort de guerre et luttent contre la contrebande qui en découle.

Le terme « boche » qui désigne l’ennemi allemand évoque à l’origine une boule de bois que l'on lance dans un jeu de quilles, puis par extension une personne à la tête dure. Il se répand dans l'argot militaire à partir de la guerre de 1870 puis en 1914-1918 pour désigner les Allemands.

Août 1914 - Giromagny – Les douaniers attendent les boches à la frontière. Tous droits réservés

Carte postale ancienne. Imprimeur Andrès. Août 1914. Collection privée

Giromagny est une commune française située dans le département du Territoire de Belfort depuis la guerre de 1870. Avant la déclaration de guerre, une zone neutre de 10 km doit être respectée à partir de la ligne frontière, laissant souvent les douaniers seuls face aux premières violations de frontière.

J’y suis, j’y reste

Carte postale ancienne. Éditeur Armand Noyer. 1915. Coll° MND.

En 1914, les poteaux-frontière allemands installés en Alsace-Lorraine depuis la défaite de 1871 sont des symboles fort pour de nombreux Français. Objets mythiques, ils deviennent trophée de chasse des soldats.
Les chiens figurent symboliquement l’Allemagne et la France, vus du côté français. La « France » est un chien à l’air sage, voire affectueux, coiffé d’un képi à bande garance, élément de l’uniforme du soldat de 1870. Il se dresse fièrement et, campé sur ses positions, ne semble pas vouloir céder un pouce de terrain à son agresseur. « L’Allemagne » est coiffée d’un casque à pointe et porte un collier avec une croix de fer. Sa position est menaçante. Au sol, le drapeau déchiré est orné d’une croix de fer et de l’aigle impérial, sans doute le drapeau de guerre prussien. Le cercle rouge figurant derrière l’aigle ne fait pas référence à un drapeau connu, mais peut être dû à une erreur de colorisation de la carte postale.

La frontière nouvelle franco-suisse. Tous droits réservés

Le Miroir. Journal ancien. 21/11/1915, p.2. Collection privée

Ce journal, fondé par Paul Dupuy en 1912, connaît sa plus grande diffusion durant la Première Guerre mondiale, événement auquel il se consacre exclusivement jusqu’à la fin du conflit. En 1915, l’allongement de la frontière franco-suisse, grâce à l’avancée de l’armée française en haute Alsace, conduit à en assurer la garde avec les Suisses. Sur la photographie en haut, des officiers français s’entretiennent avec des soldats suisses au poste de la route du Courtavou. Au-dessous, des officiers et soldats suisses avec les douaniers français au Largin, commune de Bonfol.

La Triple Entente – Si ça te fait rien, je le pose plus loin

Carte postale ancienne. Photographe Geneviève Ouvière, Éditeur Barabino. 1914-1918. Coll° MND

La Triple-Entente est l'alliance militaire de la France, du Royaume-Uni et de la Russie impériale par opposition à la Triple-Alliance ou Triplice. Les accords entre les différents pays la composant sont signés entre 1892 et 1904. À gauche du soldat représenté sur la carte, on aperçoit le havresac réglementaire ainsi que les brodequins napolitains à semelle cloutée. À ses pieds se trouvent plusieurs casques à pointe, symbole de l’ennemi, utilisé par l’armée allemande depuis 1842. Jugé peu efficace - ceux de l’infanterie étaient en cuir bouilli - il fut remplacé en 1916 par le Stahlhelm en acier. Cette carte fait partie d’une série de cartes postales patriotiques, genre très en vogue à l’époque.