Histoires d'ivoire

Au début des années 1970, la communauté internationale s’est mobilisée devant le risque de voir disparaître des espèces animales ou végétales, comme les éléphants, les fauves, les grands singes ou les orchidées. Le besoin de régulation aboutit à la signature d’un accord international (CITES) à Washington le 3 mars 1973. Ratifiée par la France en 1978, cette convention réglemente et contrôle le commerce international des espèces menacées de la faune ou de la flore en les classant en fonction de la gravité des risques qui pèsent sur elles. Parmi les animaux et les plantes protégés qui sont listés dans la convention, le cas de l’éléphant, chassé pour ses défenses, est emblématique. La question de son extinction s’est imposée au cours des dernières décennies. Mais d’autres espèces, convoitées pour leur ivoire, sont également menacées, comme le babiroussa, le cachalot, ou encore le mythique narval.

Travaillé depuis des siècles en Asie, en Afrique et en Europe, l’ivoire est en effet une matière première précieuse, utilisée dans les arts décoratifs mais également en médecine traditionnelle. La forte demande mondiale, notamment asiatique, pour ce produit a des conséquences dramatiques sur les populations animales qui la produisent. Selon les derniers recensements effectués, le nombre d’éléphants est estimé à environ 550 000 dans le monde alors qu’en 1980, ils étaient environ 1,5 million. Selon certaines associations, le nombre d’éléphants tués par an pour leur ivoire est de 25 000 individus, soit un éléphant abattu toutes les quinze minutes. Au premier semestre 2015, les saisies mondiales qui ont été réalisées équivalent déjà à 384 éléphants.

Après la drogue, la contrefaçon et le trafic illicite d’êtres humains, le trafic des espèces menacées est le quatrième au monde. La criminalité organisée liée aux espèces sauvages est devenue une menace sérieuse non seulement pour la conservation de la biodiversité, pour l’économie et le patrimoine culturel, mais aussi pour la sécurité et la stabilité politique de nombreux pays, les   seaux de braconniers étant liés aux groupes rebelles armés et aux mafias. Les gains issus du trafic d’espèces sauvages dans le monde sont estimés à plus de 14 milliards de dollars par an. En Asie, le prix de l’ivoire brut au marché noir a triplé ces dernières années, passant de 500 € le kilo à plus de 1 500 € aujourd’hui.

Contre ces trafics, la douane française est un acteur majeur. En 2014, elle a réalisé 85 constatations dans ce domaine, représentant plus de deux cent kilos de pièces d'ivoire brut ou travaillé, aux quels il convient d'ajouter 406 articles. La majorité des saisies ont lieu dans les aéroports franciliens, dans des cargaisons de fret ou dans des bagages de passagers. Les défenses et les objets faits à partir d’ivoire sont systématiquement détruits afin de ne pas alimenter le marché. Ponctuellement, certaines pièces majeures revêtant un intérêt culturel ou scientifique peuvent être remises à des musées.

« Histoires d’ivoire » expose uniquement des ivoires saisis par les services douaniers français. Présentés du plus brut au plus ouvragé, les objets illustrent les différentes formes sous lesquelles l’ivoire est travaillé. L’ambition de cette exposition n’est pas qu’esthétique, car les objectifs sont clairs : témoigner de l’avidité des trafiquants pour un marché très lucratif et rappeler les effets irrémédiables pour notre planète.

Exposition présentée au Musée national des douanes du 29.09.2015 au 30.04.2016

Téléchargez le communiqué et dossier de presse.

Autour de l’exposition :

>  Boutique 

l'affiche (3 €) et une sélection d'ouvrages dont le carnet d'exposition sont en vente à la librairie du musée.

Liens utiles

Voir l'action de la douane dans le domaine de la protection des espèces,

En savoir plus sur l'action de la CITES,

Découvrir la lutte contre la fraude au niveau mondial,

Se documenter sur l'UICN,

Consulter le site de l'IFAW (Fonds International pour la Protection des Animaux).