Reportages en Ile-de-France

Bâtiment de la Douane Centrale : porte monumentale (vue de l’intérieur) Paris 1954

La Chambre de Commerce de Paris décide après la Libération de 1944 de reconstruire les bâtiments de la Douane Centrale, à l’emplacement même de l’immeuble qui était élevé rue de la douane en 1845, ceux-ci n’étant plus adaptés et trop vétustes. Le 17 octobre 1952, on inaugure la première tranche de la reconstruction, l’aile droite, puis l’aile gauche, le 23 avril 1955. La troisième tranche, étape comprenant la démolition des portes monumentales « Entrée » et « Sortie » débute le 16 mai 1955. La nouvelle Douane Centrale est définitivement achevée en 1957.

Bâtiment de la Douane Centrale : entrepôt Paris 1954

Avant la Seconde Guerre mondiale, les lieux d’entreposage étaient régis par des règles strictes (surveillance permanente et portes fermées à double tour). Depuis 1945, la réglementation de ce type de régime a évolué, et l’entrepôt dit réel (exploitation avec présence réelle) est appelé entrepôt privé. Le contrôle des marchandises y est moins strict, par opposition à l’entrepôt public. Ce cliché pris en 1954 représente une partie des anciens bâtiments de la Douane Centrale abritant l’entrepôt réel et les cabinets d’entrepôt. On y observe encore le mode de stockage des marchandises pratiqué dans la seconde partie du 19e siècle, avant la démolition du bâtiment en 1955.

Édition mécanisée des quittances - Mécanographe dans un grand bureau de douanes Paris 1953

La mécanographie dans l’administration des douanes permet d’assurer le dépouillement statistique des déclarations, l’établissement des bordereaux et des chèques de paiement des appointements, les quittances de droits et la ventilation de ces derniers. Elle entraîne aussi un renforcement du personnel féminin spécialisé. Après les « dames contrôleuses » et les « dames auxiliaires » à la statistique commerciale apparaissent les « dames machinistes ».
L’introduction de machines mécano-comptables dans la Direction des douanes de Paris date du 1er janvier 1952. L’une est installée au bureau de La Chapelle, l’autre au bureau des Batignolles. La centralisation s’opère le 25 février 1954 à La Chapelle. L’utilisation d’une machine mécano-comptable entraîne certaines opérations manuelles mais aussi intellectuelles. Le recrutement se fait au départ auprès d’auxiliaires âgées de 18 à 20 ans, formées dans des écoles spéciales comportant une initiation à la nature des droits et taxes. Le rendement du centre mécano-comptable de La Chapelle atteint en moyenne 1 200 déclarations par jour en provenance de neuf bureaux différents.

Photo publiée dans le Journal de la Formation Professionnelle n°56 , 1956, p. 9

Construction de l’École nationale des douanes Neuilly 1948

L’École Nationale des Douanes naît officiellement le 1er septembre 1947, en accueillant la première session    d’inspecteurs-élèves dans des locaux parisiens provisoires. Elle investira trois ans plus tard ses locaux   permanents sur un terrain de 3 000 m2 acquis par l’administration des douanes, au nord-ouest de Neuilly- sur-Seine.
Le chantier débute très rapidement après la présentation du plan au Directeur général au début de l’année 1948 et  se termine à la fin de l’année 1949. La troisième session des inspecteurs-élèves est la première à bénéficier des nouvelles installations le 13 février 1950.
Sur cette photographie sont présents de gauche à droite les architectes Roger Poulain (fils) et Robert Cabet, qui oeuvrèrent par ailleurs à la rénovation de différents immeubles de la Direction générale des douanes dont ceux du port de Dunkerque, le directeur de l’École Marcel Schmidlin et son adjoint M. Lélias.

Construction de l’École nationale des douanes Neuilly 1948

L’école est inaugurée officiellement le 12 mai 1950 en présence du Directeur général Georges Degois, du Ministre des finances Maurice Petsche et du Secrétaire d’État au budget Edgar Faure.
De nombreux ouvriers ont travaillé sur ce chantier pendant deux ans, pour lequel les équipes de bâtisseurs   menées par le cabinet d’architectes de Dunkerque se sont fortement investies.
Dans les années 1990, l’École Nationale des Douanes n’est plus adaptée aux nouvelles méthodes d’enseignement. Le déménagement de l’école à Tourcoing se fait en 2003, huit ans après le début de sa construction.

École nationale des douanes : foyer et restaurant Neuilly-sur-Seine 1950

En 1950, l’École nationale des douanes accueille au sein du foyer la troisième session de 57 inspecteurs-élèves et douze auditeurs étrangers, et la deuxième session de l’École des Officiers. Le cadre que découvrent les stagiaires est accueillant. « La décoration de la cafétéria signée Hétreau illustre dans le style des amoureux de Peynet, très apprécié dans les années 50, le dimanche au bord de l’eau qui pourrait être celle qui s’écoule le long de l’Ile de la Jatte » (Extrait de « Histoire de l’École Nationale des Douanes de Neuilly », Albert Laot, p. 52).
Rémy Hétreau (1913-2011), étudiant à l’École Boulle où il a appris les différentes techniques de l’art, est un grand décorateur et illustrateur.

Contrôle des voyageurs Orly 1954

Le contrôle des voyageurs par les agents des douanes s’effectue aux postes frontières routiers, dans les trains  internationaux, mais aussi dans les ports et aéroports.
Le trafic aérien et le développement des aéroports prend de l’importance dans les années 1950. Les agents assurent des missions de contrôle auprès des voyageurs, hommes d’affaires et touristes.
Jean Bordas, inspecteur à Orly en 1957, évoque dans son récit autobiographique « De Tunis à Rungis »(1) la taxation des objets ramenés par les premiers touristes. Il y avait peu de contrebande, les voyageurs ramenant rarement des souvenirs, sauf des U.S.A. et du Japon. Des fiches de valeur sont constituées rapidement pour les marchandises devant faire l’objet d’une taxe, notamment les sujets en ivoire et les appareils photographiques.
Sur ce cliché, le contrôle des bagages est effectué par un agent breveté du service actif en uniforme : « cela impressionne les touristes et c’est bien utile quand il y a conflit », accompagné d’un vérificateur.

(1) réalisé pour le concours « Pour la mémoire des douanes » organisé par le Comité d’Histoire Économique et Financière de la France (CHEFF) de 2000 à 2003.

Contrôle dans le train Paris-Bruxelles 1954

Après la Seconde Guerre mondiale, les contrôles en salle de visite à la gare frontalière se pratiquent encore, mais ceux dans les voitures apparaissent dans les trains internationaux. Les contrôles douaniers se généralisent avec le développement du tourisme et permettent aux passagers de gagner du temps, ceux-ci n’étant plus obligés de descendre des compartiments avec leurs bagages pour rejoindre la salle de visite.
Michel Sarraute, inspecteur nommé à Feignies (Nord) en 1957, fait le point sur ces contrôles douaniers entre la France, la Belgique et l’Allemagne dans « Ex Tu »(1). Il évoque l’exiguïté pour les contrôles, le temps de présence de service très long pour des temps de vérification effective de trois à quatre heures maximum par jour. L’inspecteur est accompagné d’un préposé visiteur en charge de la visite des bagages et de la dame-visiteuse de celle des femmes. Sur ce cliché, l’inspecteur remplit la quittance. On ne distingue pas le préposé-visiteur, qui doit transporter entre-autres le tarif des douanes et l’ensemble des carnets de quittances et de transactions.

(1) Récit autobiographique réalisé pour le concours « Pour la mémoire des douanes » organisé par le Comité d’Histoire Économique et Financière de la France (CHEFF) de 2000 à 2003.