La formation des brigades cynophiles

Si les douaniers utilisent des chiens depuis le XIXe siècle, leur rôle n’est réglementé qu’en 1938. Les chiens sont d’abord utilisés pour le rebat, principalement pour repérer le tabac. L’achat du chien incombe alors au maître qui le dresse sur son temps libre. En 1938, la Direction Générale des Douanes publie une directive officielle sur les chiens douaniers mais les agents doivent toujours les dresser eux-mêmes avant de passer une épreuve devant un jury.
En 1952, une réelle évolution s'opère avec l'acquisition par la Douane de 200 bergers allemands et l'ouverture des centres de dressage.

Visite du centre d'élevage et de dressage des chiens de service à Abbévillers (Doubs), 1963

Le premier centre de dressage de chiens des douane est créé en 1952 à Saint-Ingbert, dans la Sarre. Il est dédié à l'amélioration des méthodes de dressage et de formation des maîtres de chien. En 1955, un autre centre de formation est d'élevage est créé à Abbévillers, à proximité de l'Ecole des brigades de Montbéliard. Il doit alimenter en chien les brigades de Strasbourg jusqu'à Nice.

Dressage des chiens douaniers, 1954

La formation des chiens dans les premiers centres de dressage dure dix semaines. Les moniteurs s'y attachent à développer les qualités des chiens la veille, l'attaque et le pistage. L'administration privilégie à cette époque les bergers allemands, considérés comme les plus aptes à remplir ces fonctions.

Dressage des chiens de services à Abbévillers (Doubs) au centre cynophile douanier, 1958

La nouvelle organisation met en place des exercices d'ensemble, réunissant deux fois par an moniteurs et conducteurs de chaque circonscription douanière, avec des exercices d'obéissance, de saut, de pistage, d'attaque, etc.

Demonstration d'attaque, 1955

Les exercices d'obéissance sont primordiales car le chien n'est qu'un exécuteur des ordres de son maître. L'exercice de "la fausse attaque" permet ainsi à l'agent qui lance son chien contre quelqu'un puis s'aperçoit qu'il fait erreur, de le rappeler.

Dressage de chiens anti-drogue à l'ENBD de La Rochelle, 1984

L’expansion de l’automobile limitant l’usage traditionnel des chiens douaniers, ils disparaissent des brigades dans les années 1960. Mais ils font leur retour en 1975 pour la détection des stupéfiants. Neuf premiers binômes se forment dans une école de la douane allemande. En 1983, la formation des « équipes maîtres de chien » (EMC) à la détection des drogues est intégrée à l’école Nationale des Brigades des Douanes de La Rochelle.

Dressage des chiens anti-drogue à l'ENBD de La Rochelle, 1984

La formation des chiens repose sur le jeu : le maître habitue son chiot à chercher un morceau de tissu roulé. Cette « poupée », devenue le joué favori du chien, est ensuite imprégnée avec l’odeur de la substance à détecter. Aujourd’hui, il y a environ 250 EMC en douane : plus de 200 spécialisées dans la détection de stupéfiants, une trentaine dans la recherche d’explosifs et depuis 2008 une douzaine pour le tabac de contrebande.

Maîtres de chiens à l'entraînement à l'ENDLR, 2016

Aujourd'hui, les maîtres de chien reçoivent de l’administration un chiot, qu’ils éduquent pendant six à neuf mois. Un premier stage de dix semaines à l’ENDLR habitue les chiens à travailler dans différents environnements et situations. Après plusieurs mois dans leur brigade d’affectation, les binômes reviennent à l’école pour un stage de perfectionnement de quatre semaines.